LILI et moi
Voilà c’est fait, on m’a ouvert la jambe, on a trifouillé là dedans, on a cassé mes os, on a remis ma jambe droite et on a refermé le tout par 20 agrafes.
Je me réveille lentement de la torpeur de l’anesthésie…. J’entends la machine qui hurle et l’infirmière qui hurle aussi « respirez Madame, respirez… » mais qu’est-ce qu’elle me veut celle-là, je respire, je respire. J’y comprends rien, bref, je me mets à respirer comme une grosse vache et enfin la machine s’arrête… dès que je recommence à respirer normalement, paf !!! la machine repart… merde, l’autre va revenir me crier « respirez madame, »… je n’attends pas je me mets à respirer comme une vraie machine à vapeur qui lache sa fumée .
Elle doit en avoir marre parce qu’elle dit au brancardier, « bon ramenez la dans sa chambre ».. ouf....
Je ne suis pas très bien, j’ai soif, l’infirmière et l’élève infirmier « Pascal » me prennent en charge.., directement on me fait une piqure de morphine, cette piqure qui va au fil des jours suivants devenir ma grande amie, celle que j’appellerai d’un coup de sonnette et dont je n’admettrais pas qu’elle n’arrive pas sur le champ. Il est 21 heures, j’étais partie vers 17 heures en laissant derrière moi mon mari et ma fille. Je demande un peu d’eau, mais ils ne sont pas très chauds, ils ont raison, d’un seul coup je renvoie l’eau et toute l’anesthésie… l’infirmière nettoye tout et n’a pas l’air de m’en vouloir, au contraire, elle a des gestes tendres, et des mots très gentils.
J’arrive à m’endormir et « Miss morphine » fait son effet, non je ne vois pas d’éléphants roses, mais je pars vers de vrais rêves qui ressemblent plutôt à des films qu’à des rappels de ma vie.
J’arrive à m’endormir et « Miss morphine » fait son effet, non je ne vois pas d’éléphants roses, mais je pars vers de vrais rêves qui ressemblent plutôt à des films qu’à des rappels de ma vie.
2ème jour,
Jeme réveille on m’apporte un petit déjeuner, à peine englouti, tout de suite rejeté. Et j’ai mal, je sens un poids de 100 KG dans ma jambe, j’ai mal, j’appelle Morphinette, elle arrive tout de suite, et vlan, ce matin j’aurais aussi droit à la sacro sainte piqure d’anti-coagulant qui laisse des traces violacées, jaune rouge, sur le ventre. En plus on m’a mis une perf.. avec antibiotiques et autre cocktail détonnant. Je me rendors.
Vers 11 heures arrive dans ma chambre un homme… Chouette peut être un médecin, on va faire la causette.. pas du tout, c’est un homme d’une certaine race… On les appelle les Kinés …. Il me dit de me lever qu’il va m’aider, je vais prendre le déambulateur (mon copain jusqu’à aujourd’hui) et dont je reparlerais plus tard. Donc l’homme Kiné me lève, j’ai la jambe qui tremble, je veux pas, je veux rien, laissez moi, j’ai mal, foutez moi la paix… il me dit d’aller doucement, bah tiens et si je courais qu’est-ce qui arriverait, il me dirait peut être mais non madame, c’est pas possible ça, vous foutez en l’air la profession. Bref, j’ai droit à : « allez madame, je vous emmène aux toilettes.. », bah voyons, tu peux pas m’emmener au restau plutôt ? ou au cinoche ? non ce mec m’emmène aux « chiottes » excusez moi mais voilà à quoi j’en suis réduite, à un mec qui m’emmène aux toilettes. Bref, comme ça a l’air de lui faire plaisir, je vais avec lui dans cet endroit magnifique d’une salle de bain de clinique. J’ai l’impression d’entrer dans un musée, alors madame à gauche le lavabo, devant vous, les toilettes, et …. C’est tout. Après cette visite digne du Louvre, on repart vers mon lit. Il dit ça suffit pour aujourd’hui, demain on essaiera de lever la jambe… Non mais je rêve qu’est-ce qui veut celui là, lever la jambe, il s’est regardé lui, j’en veux pas de ce gars, je veux être tranquille attendre Aref, et mes enfants, mais pas lever la jambe avec un inconnu… bon apparemment ça a l’air normal, on verra demain et s’il m’embête avec la jambe valide je lèverai la jambe entre les siennes et vlan dans les coucougnettes… non je rigole.
Une dame rentre allez Madame on va faire la toilette, ils se foutent de moi je viens d’y aller et je dois y retourner, alors arrive dans ma vie mon meilleur pote j’ai nommé Monsieur déambulateur, y a le percepteur, l’instituteur, le contrôleur, les branleurs, et le déambulateur, objet merveilleux à 4 pattes, avec poignées en mousse, enfin le bonheur, j’arrive à m’asseoir sur mon lit et je prends fermement monsieur déambulateur et tous les deux nous partons à la salle de bain, j’en ai marre, je veux rien, je veux qu’on me foute la paix, laissez moi, c’est trop pour aujourd’hui…
Je reviens dans mon lit, et je me dis que là je vais dormir… je regarde par la fenêtre, il ne fait pas beau, en plus c’est sur la rue, j’ai l’impression que les voitures passent d’un côté et de l’autre de mon lit. Mais ce n’est pas grave, en fait ça m’arrange, je trouve ça moins stressant que de ne rien entendre.
Je regarde la télé, et d’un seul coup, pouf, je m’endors… je me réveille vers midi, on me donne à manger, mais du coup beaucoup plus léger qu’avant, c’est mieux, je supporte mal, j’ai un merveilleux engin à côté de moi, le téléphone, je reçois des appels de mes copines, mes amies, mes fidèles d’entre les fidèles, celles qui sont ma colonne vertébrale, qui sont là, qui me tiennent, Martine, Sylvie, Liliane, Florence, Dominique, Nathalie, Isabelle, Danielle salut les filles, je vais bien, j’ai un poids sur la jambe, j’ai mal, etc… bref elles entendent toutes mes doléances, mes pleurs, mes récits magnifiques, j’ai l’impression d’être une grande aventurière avec sa balafre sur la jambe, une Pirate (celle qui dit que j’en suis une, je lui cause plus, moi qui ne télécharge jamais illégalement)
Je regarde la télé, et d’un seul coup, pouf, je m’endors… je me réveille vers midi, on me donne à manger, mais du coup beaucoup plus léger qu’avant, c’est mieux, je supporte mal, j’ai un merveilleux engin à côté de moi, le téléphone, je reçois des appels de mes copines, mes amies, mes fidèles d’entre les fidèles, celles qui sont ma colonne vertébrale, qui sont là, qui me tiennent, Martine, Sylvie, Liliane, Florence, Dominique, Nathalie, Isabelle, Danielle salut les filles, je vais bien, j’ai un poids sur la jambe, j’ai mal, etc… bref elles entendent toutes mes doléances, mes pleurs, mes récits magnifiques, j’ai l’impression d’être une grande aventurière avec sa balafre sur la jambe, une Pirate (celle qui dit que j’en suis une, je lui cause plus, moi qui ne télécharge jamais illégalement)
Bruno et Michel m’appellent eux aussi, Bruno connait bien mon copain Efferalgan Codéiné dont je vous parlerais plus tard.
Ma ch’tiotte Biloute aussi m’appelle, ma Michèle, adorable Michèle … vive les ch’tis…
Alors on cause, certaines que je ne nommerais pas ici (martine, et sylvie) me donnent des conseils, mais elles ne savent pas les cocottes ce que je ressens, je les aime, elles me conseillent comme des mamans pour leur enfant, honnêtement, les mamans, là, vos conseils si vous voulez mon avis, je ne les écoute pas, j’ai trop eu d’informations en peu de temps, et j’arrive plus à imprimer comme dirait l’autre… ensuite vient ma Lili, ma cop’s, mon alter-égo dans la déconne, alors elle c’est la maman maternelle dans toute son âme, elle m’enveloppe de ses « ma ptite poulette, ma nounoune, t’as mal, t’inquiète pas, ma pauv poulette etc… etc… », j’ai l’intime conviction qu’elle souffre à ma place et que si elle le pouvait elle prendrait une partie de ce mal sur ses épaules pour me soulager, ah ma Lili, comme je t’aime, Flo m’appelle aussi, je l’aime flo, car c’est un autre genre, tout dans la retenue, mais dans la rigolade, elle arrive avec peu de mots à me faire rire et à se marrer de ce qu’elle dit, on se moque sévèrement de nos dirigeants (entre autre de notre boîte), on s’amuse, Domi m’appelle aussi pareil même tendresse que les autres, mêmes petits mots d’amour, de compassion, et ma Nath aussi appelle ,elle toujours pétillante, toujours entrain de lacher son rire à l’infini, elle me fait rire : quand je lui dis bah voilà Nath on m’a fait ça ça et ça, elle réponds « D’accord », tu sais Nath j’ai mal « D’accord », tu sais Nath j’ai vu les chiottes « D’accord », elle est d’accord, voilà, toujours d’acccord, et puis ma françoise, mon enfance, mon adolescence, bref, celle qui sait tout de moi (remarque les autres aussi savent tout de moi), on parle, on discute, elle me rappellera demain, je le sais, il y a Danielle aussi qui m’appelle, qui au fil de mon récit, ponctue celui-ci de «oh la la, ma pauvre », « oh la la tu dois avoir mal », quelle douceur dans sa voix, elle est adorable. Voilà mes amies toutes gentilles, toutes tendres toutes près de moi, j’ai chaud au cœur, je ne sais pas comment je vais faire avec ce plein d’amour que je reçois, qui m’étreint le cœur, les poumons, j’ai du mal à respirer, ce n’est pas la douleur, c’est cette envie de vous prendre toutes dans mes bras, de vous dire combien je vous aime, mais c’est peu de dire je vous aime, oui je vous aime, vous faites partie de moi… rappelez vous je vous l’avais dit quand j’ai fêté mes 50 balais…Vous étiez là, et aujourd’hui vous êtes encore là… Mille mercis.
Vers 14 h, je vois arriver mon Mari, mon amour, il est tout perturbé, il voit en direct que je souffre, mais j’essaye de ne pas trop lui montrer, car je le connais, il ne dit rien, il garde tout pour lui, il ne sait pas quoi faire, mais il n’y a rien à faire, mon chéri, tu es là, proche de moi, et ça suffit, Il veut que je le rassure, il me dit « ça va mieux ? » ce ça va mieux qui n’admettrait pas le « bah pas vraiment », alors je lui dit, « oui t’inquiète pas je vais bien », mais je vois bien qu’il est triste, et ça me rend triste, je n’insiste pas sur le fait que j’ai mal, que ma jambe pèse 100 kg, je lui parle de choses du quotidien, du linge, et il regarde par la fenêtre, c’est sa manière à lui de se détourner pour que je ne vois pas combien il souffre lui aussi de me voir là.
Et puis la journée se passe, vers 16 heures on me propose un jus de pomme, bah oui tiens ça fait passer, le temps.
Et puis au fil des jours tout le monde viendra me voir sauf celles qui habitent loin et c’est normal.
Jeudi aussi, mon frère, mon frangin, est venu, il est tout bouleversé lui aussi, il commence comme à son habitude à parler parler, parler, parler, parler, j’essaye d’en placer une, mais difficilement, ce n’est pas grave, plus il parle, plus je le regarde, plus il me fait penser à mon père, il le remplace dans ces moments là, il est adorable, mais il ne veut pas que je le dise, il sait combien il est important pour moi, combien je l’aime. Lui le mec un peu matcho, il ne voudrait pas que je lui dise, mais il le sait, et le jour où il partira, là vraiment je serais seule toute seule, et je ne m’en remettrais pas. Au bout de 2 heures, il s’en va, je l’accompagne avec mon copain M . Déambulateur jusqu’à l’ascenseur sous le regard émerveillé des infirmières… moi je suis heureuse, mais je vais payer cher ce moment de gloire. Je retourne dans ma chambre et là pour remettre ma jambe dans le lit c’est impossible, le poids de 100 KG est devenu 1 tonne, je ne sais pas comment je vais faire, alors j’appelle, on vient m’aider, je reste tranquille, mais cette promenade d’au moins 20 mètres fera que j’apellerai très fort et de tout mon cœur Morphinette, le tout en pleurant comme une petite gamine de 8 ans qui a perdu sa maman. C’est bête je me sens tellement vulnérable. Ca sonne, c’est ma cousine Francine, ma douce, ma marraine, ma gentille cousine, qui m’aime tellement et que j’aime tellement aussi, ma chérie, on parle, je raconte, elle m’appellera elle aussi les jours suivants.
Vendredi soir arrive, je vois arriver vers 18 heures dans ma chambre : Lili, Domi, Nath, avec gateaux, chocolat, jus de tomate, fruits, enfin tout pour me faire plaisir, et vous me faites plaisir, je suis tellement contente de vous voir, .. et c’est parti pour la rigolade, jusqu’à 20 h 30, elles vont être là à me faire rire, à raconter les histoires du boulot, etc… et moi je trône dans mon lit, je les écoute, je participe, et je suis bien, vraiment bien. J’ai peur du moment où elles vont partir, mais il le faut. Elle s’en vont donc, mais ce qu’elles ne savent pas c’est les portes de la clinique sont fermées, elle se retrouvent coincées, on leur indique le sous-sol et elles arrivent à sortir, elles ont dû crier ouf !!!! c’est Lili qui me raconte ça après.
Samedi, Delphine, David, Nicolas (un homme Kiné) viennent me voir, delphine m’apporte mes pyjamas, ma chérie, mon davidou lui m’entoure de ces grands bras, et me fais des bisous, comme pour me dire je suis là, je te protège, je me mets un peu sur le fauteuil avec Nico (mon kiné gentil, qui me connait par cœur), et david s’allonge sur le lit, il découvre dans la table de nuit, toutes les agapes laissées la veille par mes douces bonnes âmes, il fait l’inventaire et commence à goûter, ça me fait rire, ils sont mignons et gentils tous les 3…
Nath passera après, elle refait sa cabine de douche, elle passe me dire bonjour, elle habite juste à côté, je suis contente ça me fait du bien.
Je regarde ensuite un peu la téloche et puis je dors.
Dimanche, Michèle ma Doc, sa maman et aref sont là, ils me trouvent couchée sur le côté entrain de pleurer, j’ai mal, je souffre et je ne peux pas le cacher. Tant pis, Lucie me prend dans ses bras et moi je continue à pleurer, elle me tient comme ma maman aurait pu me tenir en me disant que ça va aller. Que ces mots sont gentils. Michèle sort de la chambre et revient avec un fauteuil roulant, je vais descendre jusqu’à la porte, c’est rien mais c’est si important, ça me fait tellement de bien de voir la rue autrement de mon lit, la promenade dure le temps de 2 cigarettes et on remonte. Ils s’en vont, mais ce petit entremède m’a soulagé, je vais mieux et puis Morphinette arrive et ça va encore mieux.
Lundi, même topo que les jours d’avant, l’homme Kiné arrive, allez madame, levez vous, on va vous apprendre à marcher avec des béquilles… alors là, c’est la bérézina, impossible, je me vois partir en avant, sur le côté, derrière, des mains que je ne connais pas me rattrape, je n’aime pas ça, j’ai peur, je comprends pas comment il faut mettre le pied, et quel pied en premier, je crie « je veux Monsieur Déambulateur », l’homme Kiné n’insiste pas, il m’assoit sur le lit et regarde ma jambe, oh là qu’est-ce qu’il veut, elle est tendue comme une flèche dans son arc, doucement avec un « doigt », chutt … j’entends vos rires…. Il appuye doucement dessus et ma jambe commence à plier, mais très peu, c’est qu’on est pas facile dans la famille, on se laisse pas faire…, alors il me remet sur le lit, et me dit « à demain », zut pourquoi il revient, il n’a pas vu qu’il ne me plait pas pfff… il s’en fout, il ne me regarde pas, il s’en va, il ferme la porte et là j’ai envie de crier « pauv…c… » comme sarko , et je le dis.. mais doucement quand même, j’ai été bien élevée.
Dès son départ, ma Françoise arrive, ouf une bonne bouffée d’air, elle m’apporte des jus de fruits qui viennent prendre place dans ma cachette, on discute, on papote, et arrive Sylvie ma douce Sylvie, mon ange tombé de sa péniche qui est là avec Mathéo et Loulou, voilà tout mon monde est là près de moi, je ne sais pas comment dire et comment exprimer ce que je ressens tellement, une famille, plus qu’une famille, des cœurs gros comme ça, on passe l’après midi ensemble, nath les rejoint, ce petit bout de chou Mathéo se demande certainement qui est cette bonne femme qu’on le force à venir voir, il préfèrerait certainement voir ses sœurs, enfin, il est adorable, il va devenir le filleul de David, je vais le gâter celui là, il ne s’en rend même pas compte.
Toutes ces visites sont entrecoupées de coup de téléphone, ce qui fera dire à mes enfants que je suis une vraie femme d’affaires, tu parles…
Danielle est venue aussi un soir comme ça, ça m’a fait tellement du bien toutes ces visites, tous ces élans de cœur, tout ce petit monde dont je me suis entourée, ça m’a fait du bien, et à celles qui liront ces quelques lignes, un « merci » n’est rien en comparaison de ce que j’ai reçu.
Le chirurgien vient mercredi soir, m’annoncé que je pourrais rentrer chez moi vendredi, je saute sur le téléphone, enfin non, je rampe pour appeler aref, il est content.
De beaux ambulanciers bien costauds, (ils ont prévu le coup) arrivent je suis toute pimpante, il me mette sur la civière et roule ma poule jusqu’à conflans, ils me montent sur une chaise jusqu’à l’appart, honnêtement je les plains, parce que 40 kg c’est dur à monter, hein !!!! J’entends encore des rires… c’est bizarre.
Je retrouve ma maison, mes enfants, mon mari, mon monde, ouf, je suis bien. Fatiguée, mais bien. Delphine le lendemain me décape.. ils s’occupent tous bien de moi à leur façon, je suis heureuse, j’ai mon ordi, mes téléphones, la télé, mon lit. Dans la nuit les douleurs vont revenir, je vais jongler encore, Morphinette étant restée à la clinique c’est son pote Efferalgan Codéiné qui prendra le relais. Et il le prend bien dans la nuit, où je commence à pleurer tant j’ai mal.
Aujourd’hui, ma douce sylvie est venue gentiment faire le ménage, car comme elle me dit, je sais que tu le ferais pour moi. La piqueuse est venue pour la dernière fois, ouf tant mieux, et Monsieur kiné mon Nicolas à moi toute seule vient, lui je l’aime bien, je veux bien lui donner ma jambe, il me connait depuis 1 ans ½ que je vais chez lui, les menisques puis la hernie discale, et maintenant la jambe, il me fait mettre au bord de mon lit, et me dit de plier les genoux, j’y arrive, super, je suis contente, ça fait mal, oui c’est vrai ça fait très mal, mais bon faut s’y faire, après que j’ai bien plié, il prend ma jambe (mais lui je veux bien) et me la tend, il me dit de la lever sans appui, je vois ma jambe se barrer de gauche à droite, trembler comme une feuille, mais elle est tendue, le problème après c’est de la replier c’est pas marrant ce truc. Et demain c’est le même topo, il va venir et ce jusqu’au 24 avril.
Alors merci à vous tous et toutes qui avez pris soin de moi, je vais continuer avec vous mon chemin, je souhaite, j’espère qu’on ne se lachera jamais la main dans la douleur comme dans le bonheur.
Christiane
Et puis au fil des jours tout le monde viendra me voir sauf celles qui habitent loin et c’est normal.
Jeudi aussi, mon frère, mon frangin, est venu, il est tout bouleversé lui aussi, il commence comme à son habitude à parler parler, parler, parler, parler, j’essaye d’en placer une, mais difficilement, ce n’est pas grave, plus il parle, plus je le regarde, plus il me fait penser à mon père, il le remplace dans ces moments là, il est adorable, mais il ne veut pas que je le dise, il sait combien il est important pour moi, combien je l’aime. Lui le mec un peu matcho, il ne voudrait pas que je lui dise, mais il le sait, et le jour où il partira, là vraiment je serais seule toute seule, et je ne m’en remettrais pas. Au bout de 2 heures, il s’en va, je l’accompagne avec mon copain M . Déambulateur jusqu’à l’ascenseur sous le regard émerveillé des infirmières… moi je suis heureuse, mais je vais payer cher ce moment de gloire. Je retourne dans ma chambre et là pour remettre ma jambe dans le lit c’est impossible, le poids de 100 KG est devenu 1 tonne, je ne sais pas comment je vais faire, alors j’appelle, on vient m’aider, je reste tranquille, mais cette promenade d’au moins 20 mètres fera que j’apellerai très fort et de tout mon cœur Morphinette, le tout en pleurant comme une petite gamine de 8 ans qui a perdu sa maman. C’est bête je me sens tellement vulnérable. Ca sonne, c’est ma cousine Francine, ma douce, ma marraine, ma gentille cousine, qui m’aime tellement et que j’aime tellement aussi, ma chérie, on parle, je raconte, elle m’appellera elle aussi les jours suivants.
Vendredi soir arrive, je vois arriver vers 18 heures dans ma chambre : Lili, Domi, Nath, avec gateaux, chocolat, jus de tomate, fruits, enfin tout pour me faire plaisir, et vous me faites plaisir, je suis tellement contente de vous voir, .. et c’est parti pour la rigolade, jusqu’à 20 h 30, elles vont être là à me faire rire, à raconter les histoires du boulot, etc… et moi je trône dans mon lit, je les écoute, je participe, et je suis bien, vraiment bien. J’ai peur du moment où elles vont partir, mais il le faut. Elle s’en vont donc, mais ce qu’elles ne savent pas c’est les portes de la clinique sont fermées, elle se retrouvent coincées, on leur indique le sous-sol et elles arrivent à sortir, elles ont dû crier ouf !!!! c’est Lili qui me raconte ça après.
Samedi, Delphine, David, Nicolas (un homme Kiné) viennent me voir, delphine m’apporte mes pyjamas, ma chérie, mon davidou lui m’entoure de ces grands bras, et me fais des bisous, comme pour me dire je suis là, je te protège, je me mets un peu sur le fauteuil avec Nico (mon kiné gentil, qui me connait par cœur), et david s’allonge sur le lit, il découvre dans la table de nuit, toutes les agapes laissées la veille par mes douces bonnes âmes, il fait l’inventaire et commence à goûter, ça me fait rire, ils sont mignons et gentils tous les 3…
Nath passera après, elle refait sa cabine de douche, elle passe me dire bonjour, elle habite juste à côté, je suis contente ça me fait du bien.
Je regarde ensuite un peu la téloche et puis je dors.
Dimanche, Michèle ma Doc, sa maman et aref sont là, ils me trouvent couchée sur le côté entrain de pleurer, j’ai mal, je souffre et je ne peux pas le cacher. Tant pis, Lucie me prend dans ses bras et moi je continue à pleurer, elle me tient comme ma maman aurait pu me tenir en me disant que ça va aller. Que ces mots sont gentils. Michèle sort de la chambre et revient avec un fauteuil roulant, je vais descendre jusqu’à la porte, c’est rien mais c’est si important, ça me fait tellement de bien de voir la rue autrement de mon lit, la promenade dure le temps de 2 cigarettes et on remonte. Ils s’en vont, mais ce petit entremède m’a soulagé, je vais mieux et puis Morphinette arrive et ça va encore mieux.
Lundi, même topo que les jours d’avant, l’homme Kiné arrive, allez madame, levez vous, on va vous apprendre à marcher avec des béquilles… alors là, c’est la bérézina, impossible, je me vois partir en avant, sur le côté, derrière, des mains que je ne connais pas me rattrape, je n’aime pas ça, j’ai peur, je comprends pas comment il faut mettre le pied, et quel pied en premier, je crie « je veux Monsieur Déambulateur », l’homme Kiné n’insiste pas, il m’assoit sur le lit et regarde ma jambe, oh là qu’est-ce qu’il veut, elle est tendue comme une flèche dans son arc, doucement avec un « doigt », chutt … j’entends vos rires…. Il appuye doucement dessus et ma jambe commence à plier, mais très peu, c’est qu’on est pas facile dans la famille, on se laisse pas faire…, alors il me remet sur le lit, et me dit « à demain », zut pourquoi il revient, il n’a pas vu qu’il ne me plait pas pfff… il s’en fout, il ne me regarde pas, il s’en va, il ferme la porte et là j’ai envie de crier « pauv…c… » comme sarko , et je le dis.. mais doucement quand même, j’ai été bien élevée.
Dès son départ, ma Françoise arrive, ouf une bonne bouffée d’air, elle m’apporte des jus de fruits qui viennent prendre place dans ma cachette, on discute, on papote, et arrive Sylvie ma douce Sylvie, mon ange tombé de sa péniche qui est là avec Mathéo et Loulou, voilà tout mon monde est là près de moi, je ne sais pas comment dire et comment exprimer ce que je ressens tellement, une famille, plus qu’une famille, des cœurs gros comme ça, on passe l’après midi ensemble, nath les rejoint, ce petit bout de chou Mathéo se demande certainement qui est cette bonne femme qu’on le force à venir voir, il préfèrerait certainement voir ses sœurs, enfin, il est adorable, il va devenir le filleul de David, je vais le gâter celui là, il ne s’en rend même pas compte.
Toutes ces visites sont entrecoupées de coup de téléphone, ce qui fera dire à mes enfants que je suis une vraie femme d’affaires, tu parles…
Danielle est venue aussi un soir comme ça, ça m’a fait tellement du bien toutes ces visites, tous ces élans de cœur, tout ce petit monde dont je me suis entourée, ça m’a fait du bien, et à celles qui liront ces quelques lignes, un « merci » n’est rien en comparaison de ce que j’ai reçu.
Le chirurgien vient mercredi soir, m’annoncé que je pourrais rentrer chez moi vendredi, je saute sur le téléphone, enfin non, je rampe pour appeler aref, il est content.
De beaux ambulanciers bien costauds, (ils ont prévu le coup) arrivent je suis toute pimpante, il me mette sur la civière et roule ma poule jusqu’à conflans, ils me montent sur une chaise jusqu’à l’appart, honnêtement je les plains, parce que 40 kg c’est dur à monter, hein !!!! J’entends encore des rires… c’est bizarre.
Je retrouve ma maison, mes enfants, mon mari, mon monde, ouf, je suis bien. Fatiguée, mais bien. Delphine le lendemain me décape.. ils s’occupent tous bien de moi à leur façon, je suis heureuse, j’ai mon ordi, mes téléphones, la télé, mon lit. Dans la nuit les douleurs vont revenir, je vais jongler encore, Morphinette étant restée à la clinique c’est son pote Efferalgan Codéiné qui prendra le relais. Et il le prend bien dans la nuit, où je commence à pleurer tant j’ai mal.
Aujourd’hui, ma douce sylvie est venue gentiment faire le ménage, car comme elle me dit, je sais que tu le ferais pour moi. La piqueuse est venue pour la dernière fois, ouf tant mieux, et Monsieur kiné mon Nicolas à moi toute seule vient, lui je l’aime bien, je veux bien lui donner ma jambe, il me connait depuis 1 ans ½ que je vais chez lui, les menisques puis la hernie discale, et maintenant la jambe, il me fait mettre au bord de mon lit, et me dit de plier les genoux, j’y arrive, super, je suis contente, ça fait mal, oui c’est vrai ça fait très mal, mais bon faut s’y faire, après que j’ai bien plié, il prend ma jambe (mais lui je veux bien) et me la tend, il me dit de la lever sans appui, je vois ma jambe se barrer de gauche à droite, trembler comme une feuille, mais elle est tendue, le problème après c’est de la replier c’est pas marrant ce truc. Et demain c’est le même topo, il va venir et ce jusqu’au 24 avril.
Alors merci à vous tous et toutes qui avez pris soin de moi, je vais continuer avec vous mon chemin, je souhaite, j’espère qu’on ne se lachera jamais la main dans la douleur comme dans le bonheur.
Christiane